Nos tissus de chemises

LA POPELINE

La popeline apparaît au XVème siècle, en France. Son nom actuel vient de « papeline », en référence à la ville papale d’Avignon. Elle y était fabriquée à partir de soie et de laine, et utilisée pour couvrir les meubles.

Le fil de trame, épais, était en laine, le fil de chaîne en soie : deux fois plus de soie que de laine était utilisée pour fabriquer cette étoffe. Cette originalité historique a été conservée dans le procédé de fabrication actuel.

De nos jours, un fil de trame plus épais est associé à des fils de chaîne fins et deux fois plus nombreux. Cela confère de la densité et de la durabilité au tissu.

D’aspect lisse, une chemise en popeline blanche peut par exemple être associée à un costume bleu marine en laine peignée et une cravate en soie vert bouteille pour une mise business. Une chemise bleue s’accorderait très bien avec un costume gris moyen et une cravate violette.

Dans une tenue décontractée, une chemise en popeline peut paraître précieuse. Nous recommandons donc de la porter avec une tenue élégante : cardigan en laine mérinos, chino et mocassins seront parfaits.

NOTE : le fil-à-fil est une popeline dont les fils sont de couleurs alternées

L’OXFORD

L’oxford est un tissu de chemise très répandu, et il compte parmi les plus polyvalents. Il doit son nom à la ville d’Oxford, en Angleterre, où il a été développé par un tisserand flamand au XVIIème siècle.

Son armure se compose d’un fil de chaîne doublé et d’un unique fil de trame de grosse circonférence. Les fils de chaîne sont généralement colorés tandis que ceux de trame sont blancs, ce qui crée un subtil effet « faux uni ».

L’oxford se caractérise par une main fraîche et cassante, une certaine rigidité dans le tombé et un bon maintien (froisse peu).

Grâce à son aspect finement quadrillé, l’oxford est un excellent équilibre entre texture et raffinement. Il peut être porté en toute circonstance. Une tenue formelle pourrait donc combiner une chemise en oxford rose pâle, un costume gris moyen et une cravate unie, marine ou violette.

Dans sa version décontractée, l’oxford s’insère parfaitement dans une tenue d’inspiration preppy : chemise bleue à col button-down, chino crème et bucks blanches à semelle brique.

LE CHAMBRAY

Le chambray est un tissu apparu à Cambrai, en France, au XVIIème siècle. Il appartient à la famille des batistes, une technique de tissage permettant de réaliser une toile de lin plus fine mise au point au XIIIème siècle par Baptiste Cambrai. Ce tissu était ensuite calandré, c’est-à-dire passé entre deux rouleaux pour lui donner une surface glacée.

Plus tard, le chambray s’est exporté, si bien que sa version actuelle vient des Etats-Unis et date du début du XIXème siècle. Le chambray est formé d’un fil de chaîne de couleur indigo et d’un fil de trame blanc. Il se différencie du denim car en tant qu’armure toile : il n’a ni envers ni endroit.

Ses propriétés sont une grande légèreté et un tombé souple. Rarement utilisé dans des tenues business car son aspect brut et sa souplesse donnent une impression de décontraction. Néanmoins, sachez que vous pourrez le porter avec un costume beige ou gris clair, et une cravate en tricot marine.

Dans un registre casual, le seul écueil à éviter serait de porter une chemise en chambray avec un jean, leurs couleurs proches risquant de donner l’impression d’un faux uni. Il sera donc plus judicieux de l’associer à un cardigan bleu marine en nid d’abeille, un pantalon gris en laine et des boots, ou un chino marron et une paire de sneakers.

LE LIN

Les tissus en lin sont probablement ceux dont le développement est le plus ancien. Il est cultivé en Asie depuis des millénaires, et a été introduit en Europe il y a 2000 ans. C’est une fibre végétale dont la culture nécessite peu d’eau. L’Egypte ancienne en était friande, mais c’est en France que le lin est aujourd’hui principalement cultivé.

Le fil de lin est obtenu à partir de la macération des tiges à même le sol, pour en extraire les fibres. Celles ci sont ensuite ratissées, filées puis tissées.

Le lin est une matière légère, à la main nerveuse. Excellent régulateur thermique, un vêtement en lin est aéré mais marque facilement les plis.

Porter une chemise en lin ne veut pas dire être débraillé. Vous devrez faire attention à ce que le tissage soit suffisamment dense, la coupe nette même si elle est peu ajustée, et que le col ne s’affaisse pas.

Peu de personnes portent du lin en entreprise, mais si vous choisissez de le faire il est important de ne pas donner une impression de vacances : un costume droit à revers en pointe ou un croisé permettront de ramener la tenue dans un contexte formel, a fortiori si vous optez pour une cravate à pois par exemple. Sinon, vous pouvez opter pour un mélange coton/lin, bon compromis entre tenue du tissu et fraicheur.

Matière décontractée par essence, une chemise en lin bleue ou beige ira parfaitement avec un jean brut ou un pantalon blanc, et une paire de derbies marron.

LE DOBBY

Le dobby tire son nom des métiers qui servent à le tisser. Ils augmentent ou diminuent le nombre de fils de chaîne et de trame durant le tissage pour créer de motifs fins. En résultent des tissus finement texturés à l’aspect alvéolé.

Le dobby est un tissu soyeux et distingué par le raffinement de ses motifs. Les alvéoles présentes à sa surface permettent de bien renvoyer la lumière, ce qui est toujours intéressant visuellement.

Une chemise en dobby va donc illuminer et révéler les jeux de contrastes de votre tenue.

Une chemise blanche peut se porter aussi bien en soirée, avec un smoking et un nœud papillon en soie ; au travail, avec un costume croisé en flanelle et une cravate en cachemire ; ou le week-end, avec un pantalon en laine.

LE SEERSUCKER

Adopté par les sénateurs des états du sud des Etats-Unis dès le début du XXème siècle, le seersucker est un tissu aux propriétés thermiques rares et à l’aspect visuel marqué.

Par l’utilisation, par alternance, de fils aux torsions différentes, le tissage du seersucker fait alterner bandes lisses et bandes gaufrées. Seule la moitié de la chemise est donc en contact avec votre corps !

Tissu résolument estival et décontracté, le seersucker est souvent présenté avec des rayures blanches et bleues. Portée manches retroussées, une chemise rayée en seersucker est idéale pour le week-end. Look preppy garanti.

LE TWILL

Le twill, ou serge, est le tissu caractéristique du procédé de tissage sergé. Son armure, dite « à décrochement », est une structure faite de diagonales à 45°. Il y a le même nombre de fils de chaîne et de trame. La chaine se décale d’un fil de trame à chaque rang, ce qui crée l’aspect oblique en escalier.

Le twill est un tissu doux et légèrement texturé. Son entretien est facile, notamment lors du repassage.

La chemise blanche en twill fait partie des essentiels du vestiaire masculin et se mariera parfaitement avec un costume en flanelle et une cravate en soie shantung. Cette même chemise pourrait également être portée avec un gros cardigan beige en laine, un pantalon en flanelle gris clair et une paire de bottines pour le week-end.

LE CHEVRON

Le chevron a une histoire fluctuante selon le pays qui le revendique. Les Ecossais affirment que son motif en équerre s’inspire des arêtes de poisson, et l’appellent d’ailleurs herringbone ; les Français lui ont donné le nom des pièces soutenant les toitures.

Quoiqu’il en soit, son armure sergé crée des zig-zags caractéristiques. Cet effet de tissage est (souvent) renforcé par l’utilisation de fils de chaîne et de trame de couleurs différentes.

Le chevron se caractérise notamment par la profondeur qu’il offre aux couleurs. À l’usage, c’est un tissu souple et facile à repasser.

Une tenue formelle pourrait conjuguer une chemise bleue, un costume marine en flanelle et une cravate tricot marron. De façon plus décontractée, on peut porter une chemise à motifs chevron avec un simple jean brut et une paire de sneakers blanches.

LA FLANELLE DE COTON

Le mot flanelle vient du gallois et signifie « laine ». A l’origine, toute flanelle était effectivement tissée dans cette matière, mais on observe depuis quelques années l’apparition de flanelle de coton ou encore de coton/cachemire aux propriétés adaptées à un usage plus citadin.

Généralement, la flanelle de laine est construite sur une base d’armure toile avec des fils cardés (non peignés, bruts) pour lui donner un aspect duveteux, au tombé lourd. A l’inverse, la flanelle de coton est généralement un serge. Les fils sont peignés et parfois grattés pour amplifier la douceur du tissu.

Lourdes, les flanelles bénéficient d’un très joli tombé et ont tendance à draper ce qui flatte la silhouette.

Une chemise en flanelle devra être associée à des matières « chaleureuses » dans un contexte formel, comme du cachemire, de la soie tricotée, ou…de la flanelle!

LE DENIM

Le mot « denim » est une contraction de l’appellation « toile sergée de Nîmes », historiquement fabriquée dans le sud de la France par la famille André. Ce tissu est à l’origine un mélange de laine et de soie. La couleur bleue du fil de chaîne provenait d’une teinture appelée « bleu de Gênes », d’où le nom de blue jeans. Le pigment de cette teinture naturelle était obtenu grâce à l’indigotier.

A l’origine, jean et denim sont différents ! Le  jean est un serge dont les fils de chaîne et de trame sont de la même couleur, tandis que le denim est un serge composé de fils de chaîne indigos et de fils de trame écrus. C’est cette combinaison qui permet d’expliquer le délavage de la toile denim.

Les deux tissus ont été utilisés pour des vêtements de travail, le jean étant la toile la plus couramment utilisée par les blue collar workers, alors que le denim était réservé aux métiers où les frottements au niveau des genoux notamment étaient importants, comme les mineurs ou les mécaniciens. Mais au milieu du XXème siècle, l’apparition de tissus techniques plus spécialisés a fait disparaître cette spécificité. Le jean est ainsi devenu un pantalon en denim, et le denim regroupe aussi les toiles jean sous son appellation.

À travers le temps, des filatures comme Albiate se sont spécialisées dans le travail de tissus casual dont le denim en adoptant une approche haut de gamme (titrage élevé, double retors, teintures rares, travail sur le délavage, développement de finissages spéciaux, etc). Le denim connait aujourd’hui des déclinaisons très raffinées.

Une chemise en denim se portera aisément avec des matières texturées. Dans une mise formelle, cette chemise devra présenter un aspect lisse et posséder un tissu fin, sous peine de paraître trop décontractée. Vous pourrez alors l’associer avec de la flanelle et une cravate en tricot de soie.

Une tenue casual serait par exemple un cardigan en maille d’abeille avec un chino beige et des sneakers, ou un pantalon blanc et des mocassins dans un style plus sprezzatura.

Nous avons abordé une dizaine des principaux tissus de chemise, et la liste n’est pas exhaustive !

Le tissu est la partie la plus visible de votre chemise et mérite une attention vraiment particulière.

Face à tant de diversité, nous nous sommes attachés à vous présenter les possibilités d’utilisation de chacun des tissus selon le contexte de port. C’est maintenant à vous de choisir le tissu le plus adapté à vos envies et de jouer sur les contrastes de matière pour enrichir vos tenues !

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